C’est marrant, j’ai vraiment espéré (et cru) que le PS était bel et bien décidé à un réel changement. Que ces primaires socialistes seraient une occasion pour le parti de faire entendre les voies nouvelles, celles qui auraient un vrai projet politique de gauche, social, humaniste, économique. Comme la voix de Martine Aubry, candidate intègre et ferme sur des positions bien clairement à gauche. Pouvoir déceler ceux -comme depuis trop longtemps au sein de la classe politique, à l’image de Nicolas Sarkozy- sont uniquement obsédés par leur ascension au pouvoir, et les autres, dans un vrai projet politique pour le pays et notre démocratie qui vont si mal. L’inadhérence de certains (dont moi) aux précédents scrutins étaient notamment dûs à cette lamentable course à l’ego… Devenir président(e) de la république. C’est beau, je l’avoue, mais tellement insuffisant.
Et donc, voilà que ces primaires ont donné la parole à ceux qui étaient désireux d’un vrai changement -radical. Que la gauche ne soit plus une alternative “molle” à l’ultra-libéralisme, mais un vrai contre-pouvoir. Un espoir qu’en 2012, il y ait de nouveau plus d’égalité, de fraternité, de projets communs, démocratiques et républicains. Arnaud Montebourg, à l’initiative de ce vote populaire, en était évidemment un ardent partisan… Convaincu que c’était un bon moyen de savoir et de comprendre ce que les français attendent de la politique socialiste, au delà des adhérents. Que l’on comprenne quels espoirs fondent les citoyens français dans la gauche.
Il y avait Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Manuel Valls et JM Baylet, tous en accord pour appeler au changement. Mais celui qui nous a le plus surpris dans cette prise de parole “alternative” et forte était Arnaud Montebourg. Soudainement, quelqu’un (lui) osait affirmer qu’il fallait un changement radical. Enfin! Et nous avons été nombreux à aller aux urnes en hésitant devant le bulletin. Si j’ai voté Martine Aubry, nombreux sont ceux qui ont choisi finalement Montebourg. 17%. Montebourg, le candidat de la 6eme République, Montebourg, le candidat de la gauche intransigeante, Montebourg, le partisan de la démondialisation… C’est ce même Montebourg qui a voulu mettre les “impétrants” au défi: “je vais leur écrire une lettre, et c’est celui de ces deux qui me donnera une réponse satisfaisante qui aura mon soutien”. Montebourg le fort. Montebourg l’audacieux. Comme un appel à se radicaliser, à ne pas fléchir devant la volonté de gagner.
Que c’est beau, dans le discours. Moins dans les actes. Décevant. Lamentable. Il se range du coté du plus fort. Mais alors à quoi bon parler Monsieur Montebourg? Pourquoi tout ce blabla? Pourquoi tout ce temps de parole perdu à jouer les monsieur fort et loyal, candidat à l’intransigeance, pour finalement se ranger derrière celui qui parait le mieux parti pour la course à la présidentielle? Tout cela pour briguer une place au gouvernement? Car c’est à cela que ça ressemble, au risque de vous choquer.
Vous aviez l’opportunité de nous faire croire que la gauche défendait enfin des idées… Et plouf. Rien. Rien que de la minable ambition personnelle: suivre le plus fort comme ça, vous serez ministre si Hollande est élu.
En tout cas, sachez que parmi ceux qui m’entourent, ceux qui hésitaient devant le bulletin de vote n’ont pas hésité entre Hollande et vous, mais Aubry et vous. Car, vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais Hollande est bien loin d’être radical… Quand il connait ses dossiers.
Grâce à votre position courageuse, on comprend pourquoi il y a toujours aussi peu d’unité dans ce parti… Que chacun a soif de pouvoir plus que d’intérêt dans ses concitoyens. En tout cas, cela parait clairement être votre problème. Au fond, la vie de la cité vous intéresse peu, tout comme l’avenir des français.
Vous aviez le choix de vous taire -vous avez le droit de ne pas croire en Martine Aubry- ou de marquer le coup en invitant les électeurs à oser croire qu’une femme de gauche -compétente, ça va sans dire!- puisse être élue présidente de la république. Et vous ne l’avez pas fait -au contraire. Pourtant, cela aurait été le premier des signes forts d’une rupture avec le passé, car de mémoire de République française, cela n’est jamais arrivé.
Enfin, j’attire votre attention sur cette malheureuse (et horriblement sexiste) phrase que vous avez eue au Grand journal pendant la présidentielle 2007: “le problème de Ségolène, c’est son compagnon”. Son “compagnon” était Francois Hollande. J’aimerais vraiment savoir ce qui vous a fait changer d’opinion sur lui… Qu’il ait perdu 10kg ? Qu’il ait quitté Ségolène?
Vous me décevez monsieur Montebourg. Sachez aussi que si Francois Hollande est élu à courir la présidence de la République et qu’il n’est pas élu président, je vous en tiendrai pour responsable. Car face à cette France qui va mal, il nous faut une véritable alternative, vous le disiez très bien. Et Francois Hollande, contrairement à Martine Aubry, n’incarne rien de très alternatif. Si, peut-être un simple positionnement. En effet, Francois Hollande n’est pas de droite.
Je voterai Martine Aubry parce que j’ai envie de croire que le changent est possible. Qu’on élise enfin quelqu’un qui croie en nous et en notre pays, et non pas à la chance d’être à la tête de notre nation.